Les Républicains Espagnols en Lot-et-Garonne – 3- Brigades Internationales

Lot-et-Garonne : de la solidarité avec l’Espagne Républicaine aux Républicains Espagnols devenus lot-et-garonnais1

Les brigades internationales et le Lot-et-Garonne

Les premiers départs se font dans les semaines qui suivent le coup d’état en août 1936 et concernent des espagnols immigrés issus surtout de Fumel, ouvriers de l’usine, et Villeneuve-sur-Lot.

Départs collectifs et publics avec manifestations organisées pour les accompagner, 9 espagnols de Villeneuve le 9 août 1936, 7 jeunes de Villeneuve partent quelques jours après, 9 le 31 janvier 1937.

Ces premiers départs improvisés seront souvent bloqués à la frontière.

Dans une deuxième période sont mis en place des réseaux pour recruter, prendre en charge et acheminer les volontaires.

Le premier réseau est organisé par le P.C.F. et la C.G.T. dont le principal dirigeant est en Lot-et-Garonne communiste. Il est installé dans les locaux de la bourse du travail avec le comité d’entraide et de solidarité avec l’Espagne et son animateur Jean POUZOULET qui va jouer un rôle central, lui-même partira par la suite dans les Brigades Internationales et sera deux fois blessé.

Un deuxième réseau à Villeneuve-sur-Lot a pour siège un café villeneuvois qui fait l’objet de service de police.

Le troisième réseau, sur Barbaste, est animé par un bouchonnier, communiste, Irénée Amat comptable dans une société coopérative d’ouvriers du liège et amené de ce fait à se déplacer facilement dans le département et sur Bordeaux.

Les départs seront réguliers jusqu’à la promulgation, en février 1937, d’une loi réprimant l’enrôlement dans les brigades, outil des poursuites et des arrestations qui ont suivi.

Le cheminement des brigadistes est illustré par l’exemple de Jean Massieu de Tonneins qui part de façon clandestine avec le réseau Amat sans prévenir son épouse et lui adresse des cartes postales de Bordeaux, Perpignan, Barcelone puis Albacete.

Les brigadistes, contrairement à une idée reçue, sont des militants engagés, déjà âgés, trente, trente-cinq ans, ayant un passé militant important, la plupart communistes et syndicalistes qui s’inscrivent dans la continuité d’une vie militante.

Ils viennent de tout le département mais l’incertitude existe sur leur nombre évalué au vu des archives et sources policières à 37 dont 21 identifiés.

Ils viennent surtout d’Agen (9), Villeneuve (4), Fumel (9 essentiellement d’origine espagnole), Nérac (2) Lavardac (2).

Il y a eu également beaucoup de départs d’antifascistes italiens.

Deux lot-et-garonnais perdront leur vie dans leur combat pour la liberté en Espagne selon les sources disponibles à ce jour.

Un brigadiste lot-et-Garonnais : Antoine PIÑOL

Antoine PIÑOL
Antoine PIÑOL

MER 47 a l’honneur de compter dans ses rangs en Lot-et-Garonne un ancien brigadiste, oncle de notre ami Michel LEORZA, président de MER 47 lors de sa création.

Il s’agit d’Antoine PIÑOL né à Gérone en mai 1915 et confié, au décès de son père en 1921, à sa grand-mère qui vivait à Villeneuve-sur-Lot.

A l’âge de 21 ans il rejoint fin septembre 1936 Bordeaux puis Perpignan et de là Albacete et combattra dans le bataillon Garibaldi à Madrid où il sera blessé une première fois, puis à Guadalajara où il sera de nouveau blessé, puis sur l’Ebre en septembre 1938 et en Aragon où il sera grièvement blessé et hospitalisé à Barcelone jusqu’à la retirada.

Au retour il se retrouvera à Septfonds puis dans la résistance jusqu’à la Pointe de Graves.

Il est l’un des rares survivants de cette époque avec un autre brigadiste, Joseph ALMUDEVER, qui réside aujourd’hui en Ariège.

Des brigadistes lot-et-garonnais

Nous citerons quelques-uns de ceux qui sont, comme lui, partis de Lot-et-Garonne, combattre aux côtés de la République Espagnole :

  • Raoul CARRERE de Barbaste, volontaire du 16 novembre 1936 à décembre, blessé au cours des combats,
  • Alexis ODEON, boulanger engagé dans la batterie Gramsci et rapatrié en janvier 1939,
  • Gaston LASSERRE, volontaire du 10 octobre 1936 à avril 1938 dans le bataillon  » Commune de Paris « , serrurier à Nérac,
  • Jean DELCOUS, volontaire du 2 janvier 1937 au 20 août 1938 et blessé,
  • Clovis FAURE, agriculteur, volontaire du 8 mai 1937 au 12 décembre 1937,
  • Jean VINCENT, volontaire du 18 décembre 1936 à décembre 1937, blessé en février 1937 à Pozoblanco,
  • Henri BRIAUD, de Fumel, parti le 25 novembre 1936 et tué sur le front de Madrid le 10 janvier 1937,
  • André EYMARD, employé de banque, socialiste tendance PIVERT, parti en octobre 1936 et par la suite responsable de l’AVER,
  • Camille MENDOUZE, ouvrier agricole, volontaire du 24 décembre 1936 à février 1938,
  • Jean PPUZOULET de Fumel, volontaire de mai 1937 à l’automne 1938, blessé au Jarama puis à l’Ebre.

Et tant d’autres dont les noms ne sont pas connus.
Ainsi lors de la journée que MER 47 avait consacrée, le 29 septembre 2013, aux Brigades Internationales, les noms de BERMEJO et GIMENEZ, originaires de Fumel, ont été cités par les participants aux débats.

Beaucoup d’entre eux ont ensuite poursuivi leur combat pour la liberté dans la résistance en France.


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  1. Cette conférence a été préparée à l’aide des travaux réalisés par nos amis Pierre ROBIN, animateur des Amis du Vieux Nérac, Fabien GARRIDO et grâce aux recherches effectuées aux archives départementales de Lot-et-Garonne par nos amis de MER 47 : André ESCOBAR, Isabelle MAZEAU, Louis RODRIGUEZ, Paquita RUIZ.

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