La sœur du roi devant ses juges : qui « Noos » y croire ?

Impensable ! La soeur du roi d’Espagne est jugée pour fraude fiscale. Une première dans l’histoire. Une situation qui puise ses racines dans le drame social de la noblesse contrainte de travailler. Très inspirée, l’infante s’est exilée en Suisse. Le procès, lui, est entré dans une phase active…

Le procès de l’affaire « Noos » s’est ouvert 11 janvier 2016 à Palma de Majorque. Il doit se dérouler sur plusieurs mois.

 Le tribunal écarte un argument de procédure

Le premier jour d’audience a été consacré à l’examen des questions préliminaires. La défense de l’infante Cristina, à laquelle s’est associé le parquet, a soutenu que l’accusation était irrecevable à l’encontre de la soeur du roi, pour n’être portée ni par des victimes, ni par le ministère public, mais uniquement par l’association « Manos limpias » qui serait dépourvue de qualité à agir.

Après une suspension des débats, par décision du  29 janvier 2016, le tribunal a rejeté cette fin de non-recevoir. Le tribunal a considéré que l’Etat espagnol n’était pas la seule victime, puisque la fraude fiscale nuit à la répartition équitable des fonds publics, de sorte qu’elle peut être poursuivie par la procédure d’accusation populaire.

Cette nouvelle tentative conjuguée de la défense et du ministère public, de mettre hors de cause l’infante avant que ne soit abordé le fond du dossier, a donc échoué.

L’examen de l’affaire au fond a débuté

Le procès a repris le 9 février 2016. Diego Torres a réitéré que le palais supervisait les activités de Noos. Mais la surprise est venue de l’audition fin février, d’Iñaki Urdangarin. Contredisant ses déclarations devant le juge d’instruction, le beau-frère du monarque a désormais affirmé que la maison royale était informée des agissements de la fondation Noos. Néanmoins il a maintenu que Juan Carlos de Bourbon n’était jamais intervenu dans ses affaires. La mari de l’infante a déclaré avoir perçu 710.000 € comme consultant entre 2004 et 2005. Désormais, il serait sans emploi.

La soeur du roi a déposé le 3 mars mais a refusé de répondre aux questions de l’avocate de l’association « Manos limpias ».

Après l’audition de tous les prévenus, près de quatre cent témoins doivent encore se succèder à la barre.

Crise de migrants

En marge des débats, le 18 février 2016 Iñaki Urdangarin et Cristina de Bourbon ont dû consigner la somme de 2,9 millions d’euros à titre de caution. Ils ont pour ce faire utilisé une partie du produit de la vente de leur logement de Barcelone, semble-t-il cédé pour la modeste somme de 6,9 millions d’euros. Rappelons que les travaux réalisés dans cette villa auraient été, selon l’accusation, en partie financés par les détournements suspectés. Le couple n’est toutefois pas sans abri, puisque cette propriété ne constituait pas leur résidence principale. Depuis 2013 les époux princiers ont élu domicile…en Suisse ! Choix audacieux – en termes d’image – pour des personnes à qui il est notamment reproché une fraude fiscale, et singulièrement pour la soeur du roi d’Espagne. Gageons que la grâce divine fut sélective : elle n’a frappé que le couffin du futur roi, non les berceaux situés trop près du mur.

Perte d’emploi et de logement, émigration : cette famille a connu un condensé des drames de notre temps. La famille royale n’aura jamais paru aussi proche de son peuple.

 

 

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