La niña bonita à Aiguillon – 2: un square pour la Mémoire

 

Du 6 au 14 avril, la République espagnole, la niña bonita,  a été mise à l’honneur à Aiguillon grâce à nos amis Marie Ange Gonzalez et Silvio Guingan avec le soutien de la municipalité : journées d’information, documentaires, exposition et en forme de consécration inauguration d’un square de la République espagnole en présence de Régine Poveda, députée du Lot-et-Garonne et de Jean François Sauvaud,  Maire de la commune. Retour sur ces événements qui marquent notre histoire et celle du département.

La Mémoire de la République espagnole à Aiguillon :

Samedi 16 avril 2016 plus de cent personnes témoignaient de l’actualité de cette mémoire lors du dévoilement d’une plaque commémorative à l’endroit où était implanté un hôpital militaire provisoire qui a accueilli des combattants républicains espagnols blessés au combat.

Ainsi un pas de plus est fait dans l’histoire croisée de France et d’Espagne et du Lot et Garonne particulièrement.

Cet espace paysager bordant le Lot au bout de la rue bien nommée de la République, s’appellera désormais : «Square de la   République espagnole ».

Les interventions des présidents des associations mémorielles MER 47 et CAMINAR :

 Les interventions  d’Alain Miranda pour M.E.R 47 et d’Emmanuel Dorronsoro pour C.A.M.I.N.A.R, présidents de ces associations mémorielles, étaient centrées sur  une période marquée par l’intervention du fascisme international contre la République espagnole jusqu’à son renversement  et les conséquences terribles de cette guerre au travers de l’exil, l’accueil dans les camps, la dispersion des familles, l’engagement dans la résistance, le travail obligatoire, le dénuement, la souffrance…

L'hôtel de ville d'Aiguillon pavoisé aux couleurs républicaines
——————————————- L’hôtel de ville d’Aiguillon pavoisé aux couleurs républicaines

 Ils ont tous deux évoqué l’espoir du peuple espagnol de mettre fin au mépris et à la misère imposés par les institutions cléricales, les propriétaires terriens et les financiers, par la classe possédante en un mot.

 Ces espoirs que l’esprit républicain a insufflé furent fugaces et suivis d’un exil forcé dans la plus grande détresse. À cette violence s’ajouta l’absence d’accueil des exilés par un gouvernement français qui stigmatisait les « indésirables » ou le maintien en Espagne au prix d’humiliations et de représailles innombrables, innommables sur les familles dites « Rouges ».

Emmanuel Dorronsoro président de « Caminar » insista sur la valeur de l’acte inaugurant cette place, un acte qui  reconnaît, réhabilite le combat des Républicains espagnols et leur donne la place qu’ils méritent dans l’histoire de l’Espagne et dans l’histoire commune avec la France, de la « Retirada » à la période sombre de l’occupation. Et tout le long de son discours il rappela la nécessité d’ouvrir les yeux sur le passé pour mieux comprendre le présent.

Une guerre qui ne s’est pas achevée en 1939 et a continué avec quarante ans de crimes et d’oppressions jusqu’à la mort du dictateur précisa Alain Miranda.

Encore aujourd’hui bien des verrous sont maintenus par des forces proches du franquisme même si elles n’en portent plus le nom, dans la société espagnole contemporaine. A l’exemple de la monarchie institution imposée mais non choisie par le peuple…

Monsieur le Maire, grâce à qui cet événement a été possible, rappela justement la nécessité de « rester vigilant, de panser ses  plaies  ensemble et continuer à porter cette mémoire ».

Les personnes présentes,  jeunes ou moins jeunes, ont pu revivre au travers de ces évocations le lien avec ce passé, nécessaire à maintenir.

La Marseillaise  en espagnol que Luis Casares, notre doyen, témoin alerte et fringant de ces combats, entonna,  fit vibrer en chacun de nous le symbole  de la Révolution française que les combattants espagnols  s’étaient alors approprié.

Le cortège rejoint le square Le cortège rejoint le square Un public nombreux à l'inauguration Un public nombreux à l'inauguration Un public nombreux à l'inauguration Les allocutions : Alain Miranda Les allocutions : Emmanuel Dorronsoro Les allocutions : Monsieur le Maire Les allocutions : Madame la Députée Avec les amis d'Ay Carmela

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