TERUEL – POZOS DE CAUDE – voyage MER 47 – 3

Le 14 avril nous amène à Teruel, belle ville riche de son passé architectural mozarabe, mauresque et art et déco qui nous accueille par une manifestation religieuse avec tambours géants. Nous avons le temps de découvrir son marché, ses spécialités, la tour des amants de Teruel, son musée qui accueille une exposition temporaire et itinérante sur la bataille de Teruel et bien d’autres lieux …


La bataille de Teruel 

Entre le 15 décembre 1937 et le 22 février 1938, la ville de Teruel changea plusieurs fois de mains et subit de lourds bombardements de l’artillerie et de l’aviation. Après que les républicains aient pris le dessus, le 9 janvier 1938 une contre -offensive des nationalistes assure la chute de la ville le 22 février. Les pertes humaines dans la ville et les environs furent considérables des deux côtés : 57000 morts franquistes et 85 000 morts républicains.

El Pozo de Caude

Le mur des victimes

Vers 12h30, le groupe est acheminé à quelques kilomètres de Teruel au lieu -dit Pozo del Caude et accueilli chaleureusement par l’association mémorielle locale du même nom que le lieu. Ici est érigé un monument en hommage aux républicains et cette année particulièrement aux femmes engagées de leur gré ou non dans la tourmente.  C’est un lieu d’exécution : un puits de 3 mètres de large et de 50 mètres de profondeur a été rempli de cadavres de juillet 1936 à décembre 1937. Malgré, sa profondeur, des tranchées ont été nécessaires pour recevoir le nombre important et grandissant de corps, elles ont été creusées aux alentours du puits.

Francisco Sanchez s’adresse aux participants
Une sculpture de Remedios Clérigues en souvenir des femmes assassinées

En cette matinée ensoleillée nous avons découvert la statue tout juste inaugurée par l’Ateneo Republicano de Teruel et l’association Pozos de Caudé en hommage aux femmes victimes de ce conflit : militantes engagées, femme, épouse, mère ou sœur de compagnon combattant pour une vie meilleure elles ont souffert de leur statut de victimes, de femme tout simplement par l’arrestation, la torture, la mort. Souvent oubliées dans la réhabilitation de cette période en plus de la loi de l’oubli, cette démarche remet les femmes dans un statut d’égalité et de dignité humaine. Discours, chants ont clôturé cette rencontre émouvante face au monument devant lequel les associations ravivent tous les ans la mémoire des disparus. Cela n’a pas empêché un lugubre personnage de hurler en passant en voiture : « Vive Franco ».

Le repas à Cella a permis de goûter aux mets traditionnels et de nouer des échanges culturellement riches entre les membres des deux associations.
Le temps nous a manqué pour voir la totalité du documentaire vidéo sur « Compañeras : les femmes républicaines dans la guerre civile ». Tandis que nous prenions le chemin du retour quelques voyageurs se sont joints à la manifestation pour la 3° république à Saragosse déjà évoquée dans un  précédent article.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.