Comme chaque année, le 20 juin, La municipalité de Francescas et MER 47 commémorent les événements du 20 juin 1944. A cette occasion, a été dévoilée une nouvelle borne informative appartenant au « Chemin des Espagnols dans le Lot-et-Garonne ».
Commémoration du 20 juin 1944
Sous un soleil écrasant, un long cortège s’est ébranlé depuis la Mairie de Francescas jusqu’à la stèle située sur le « Chemin des Espagnols ». Il était précédé par de nombreux portes-drapeaux, dont des enfants des écoles. Bravo à eux.
Une minute de silence a été respectée après le dépôt de la gerbe devant la stèle. Puis Madame le Maire a pris la parole. Elle a rappelé les événements du 20 juin 1944. Voir la vidéo ci-dessous.
MER 47
Mme le Maire a indiqué qu’une borne a été installée auprès de la stèle. Cette borne a pour objet d’informer le passant. De lui dire pourquoi un tel monument en ce lieu. Le lecteur peut en savoir plus s’il active sur son téléphone le QR Code installé sur la borne.


A son tour, Alain Miranda, président de MER 47 à pris la parole
Voici le texte de son discours :
« Vous l’avez rappelé, Madame la Maire, il y a 81 ans, le 20 juin 1944 six guérilleros espagnols du maquis de Castelnau sur Auvignon sont tombés ici dans un guet-apens tendu par les troupes allemandes.
Cinq d’entre eux ont été tués : Vicente DALLA BENLUCE, José MANCHANTE, Ramon PENILLA, Julian RAMIRO ANADON et Tomas SAN ANTONIO. Le sixième, Eusebio SALEGUI, a réussi à s’enfuir en faisant semblant de mener à la pâture deux vaches qui se trouvaient à proximité.
Il y a 80 ans, le 9 décembre 1945, la stèle devant laquelle nous nous trouvons a été inaugurée par le maire de la commune, Daniel LABORDE. La route de Lasserre sur laquelle se trouve cette stèle a été par la suite rebaptisée Chemin des Espagnols.
81 ans après nous sommes à nouveau réunis pour rendre hommage à ces Républicains espagnols.
C’est d’abord l’occasion pour nous de remercier la municipalité de Francescas qui, au long des années, a su conserver leur souvenir et les honorer.
De vous remercier madame la Maire de prendre la suite de votre grand-père, Daniel LABORDE, en inaugurant à votre tour aujourd’hui une borne du Chemin des Républicains Espagnols en Lot et Garonne pour perpétuer la mémoire de ces combattants de la liberté.
Et j’associerai à ces remerciements notre ami Jean Michel CORTES, la cheville ouvrière à MER 47de ce Chemin de Mémoire.
A partir du Q.R Code figurant sur cette borne il sera désormais possible de consulter le blog de MER 47 et la quinzaine d’articles dédiés aux lieux de la Mémoire de l’exil républicain espagnol en Lot et Garonne.
Avant de terminer mon intervention je voudrais dire combien les temps que nous vivons aujourd’hui nous alertent et nous inquiètent.
Nos anciens criaient « Plus jamais ça ! » car ils voulaient que les nouvelles générations ne vivent plus les tragédies et les souffrances qu’ils avaient enduré.
Et aujourd’hui de nouveau résonnent des paroles de haine et d’’exclusion.
Des guerres sont l’occasion d’une extermination massive de populations.
De nouveau pullulent les discours xénophobes et racistes et certains veulent réécrire l’histoire en banalisant la collaboration et les crimes contre l’Humanité.
D’autres parlent de submersion devant l’arrivée dans la France des Droits de l’Homme de réfugiés des guerres et de la misère comme leurs homologues l’avaient fait dans le passé en qualifiant d’indésirables ceux de l’exil républicain espagnol.
Rappelons donc plus que jamais que parmi les combattants de la liberté qui ont contribué à la libération de notre pays, nombreux n’étaient pas nés en France.
Ils étaient Arméniens, Italiens, Polonais, Juifs, Roumains, Hongrois, de toutes nationalités.
Et parmi eux ceux de l’exil espagnol qui furent parmi les premiers à s’engager dans la Résistance en France l’enrichissant de l’expérience acquise en combattant pendant trois années le fascisme en Espagne.
Merci et reconnaissance à tous ceux, français et étrangers, unis par un même idéal de liberté, qui ont combattu et se sont sacrifiés pour la libération de la France.
Non à ceux qui prônent la haine et l’exclusion.
Merci à vous Vicente DALLA BENLUCE, José MANCHANTE, Ramon PENILLA, Julian RAMIRO ANADON et Tomas SAN ANTONIO.
Vive la République française, viva la República ! »


