La mode, instrument et symptôme du franquisme

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La mode franquiste, reflet des années noires

La mode outil de propagande pour Franco

La mode à partir des années 50, vitrine d’une libéralisation de façade

A l’origine seulement fonctionnel, le vêtement est devenu avec le temps un outil de communication non verbal, permettant de transmettre de multiples messages. Le vêtement est le reflet de nos émotions, opinions et désirs. La mode lui confère une limite temporelle : ce qui est porté aujourd’hui est différent de ce qui sera porté demain. Au-delà de leur fonction utilitaire et d’une quête esthétique, nos vêtements sont le reflet de l’actualité, de notre société. Ainsi la mode traduit l’Histoire. La dictature franquiste a eu une empreinte sur la mode espagnole du 20ème siècle. Ce régime va s’en servir comme un objet d’influence sur la population et de propagande à sa propre gloire.

La mode franquiste, reflet des années noires

Les années de guerre et de dictature ont conditionné la mode espagnole. L’Espagne franquiste se retrouve repliée sur elle-même dans un contexte économique très difficile : certaines ressources sont épuisées ; le pays est soumis au rationnement. L’industrie du textile est notamment touchée par la pénurie. Déjà durant la guerre, la plupart des usines se trouvaient en Catalogne, zone alors républicaine. L’acheminement du textile jusqu’au reste de l’Espagne a été stoppé, faisant place au rapiècement. Lorsque l’intégralité du territoire a pu de nouveau être approvisionnée, les tissus étaient d’une qualité bien moindre, ce qui fut un frein à la confection de pièces. Ajoutée à un contexte économique plus que fragile, une politique de répression et de censure est menée par Franco. La presse n’est donc pas épargnée avec une loi de 1938, qui met aux oubliettes sa liberté. Dans le reste de l’occident, la deuxième guerre mondiale a ralenti le développement de la mode. Mais à l’issue de celle-ci, de nouveaux créateurs émergent dans ces pays, tout comme de nouvelles tendances qui accompagnent la libération de la femme. On observe alors une mode à double vitesse entre des pays voisins. Le contraste est d’autant plus marqué que ces années de croissance pour la France, figure de la mode, sont pour l’Espagne signification de répression et de régression.

La mode outil de propagande pour Franco

Ces années de dictature ont instauré un climat hostile à toute forme de modernisme. La figure de la famille traditionnelle, croyante et pratiquante devient le modèle à suivre. Chaque membre de cette famille détient une place spécifique : le père représente le pouvoir, l’autorité. Il est aussi celui qui travaille pour subvenir aux besoins de son foyer. La mère au domicile a pour fonction l’entretien de la maison. Le journalisme de mode joue un rôle dans ce que l’on appelle la répression silencieuse. Il est utilisé dans l’optique de former et inculquer les « bonnes valeurs » aux femmes. Les représentations des femmes dans la presse ont changé, montrant à celles-ci la voie qu’elles devaient suivre. Notamment, jusqu’en 1967, aucune femme n’était représentée en pantalon, un vêtement alors réservé aux hommes. Deux magazines en particulier tiennent ce rôle de prescripteurs : La moda y el hogar et plus tard Telva. Ces derniers s’adressent à la femme au foyer croyante de classe moyenne. Ils rejettent expressément l’image de la femme moderne, affranchie qui s’auto suffit, figure alors en pleine expansion dans le reste de l’Europe. Ces magazines reflètent l’image de la femme parfaite pour le régime franquiste : belle, discrète et pudique. La mode de cette époque répond aussi à ses critères. Un code vestimentaire est d’ailleurs mis en place afin d’être en cohérence avec ces valeurs conservatrices. La silhouette féminine devient rigide, droite, reprenant les codes de l’uniforme militaire. Le boutonnage et les crochets sont alors de rigueur, tout comme les tons monocordes tel que le gris, le beige et le noir. On parle d’ailleurs de « negro español » pour qualifier cette période vestimentaire. Cette pâleur est d’autant plus accentuée qu’au même moment la mode européenne était composée de motifs floraux et de couleurs vives. Cette répression par la mode a d’ailleurs amené à l’exil de nombreux stylistes, à cause de leurs ambitions jugées non conforme aux valeurs traditionnelles de l’Espagne franquiste. Cette restriction vestimentaire accompagne aussi la suspension des droits données aux femmes.

La mode à partir des années 50, vitrine d’une libéralisation de façade

La situation économique s’améliore doucement dans les années 50. L’Espagne franquiste, dans le contexte de la guerre froide, profite d’une ouverture sur le monde occidental, avec la passation de certains accords notamment avec les Etats-Unis. L’amélioration économique crée un facteur favorable au développement de la mode. L’assouplissement de celle-ci est le reflet de la volonté du régime d’afficher une relative « normalisation », favorable à la survie de son régime. De nouvelles revues ont pu voir le jour. Les magazines, les films et le développement de la télévision ont accompagné l’occidentalisation de la mode espagnole, faisant alors disparaître la période « negro español ».

On considère souvent que la mode est un passe-temps futile. Mais elle détient un réel pouvoir. Elle est une forme de liberté d’expression, un langage à elle seule. Elle permet de transmettre des messages sans recours aux mots. La mode peut être utilisée comme contre-pouvoir, au même rang que la presse. A l’inverse, elle peut tout aussi bien servir le pouvoir et Franco l’avait bien compris.

Sélène LLAMAS

QUAND UN AVION DE LA RÉPUBLIQUE ESPAGNOLE ATTERRISSAIT À MIRAMONT

L’’avion tiré de l’’oubli grâce à une adhérente de MER 47

Une lettre d’’une adhérente, adressée au bureau de l’’association a permis d’’exhumer de l’’oubli l’’atterrissage de cet avion, un évènement singulier de l’’histoire de la République d’’Espagne en Lot-et-Garonne.

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LA LIBERTE POUR IDEAL ET POUR COMBAT

Liberté pour leur peuple et pour tous les peuples opprimés

Pour la liberté et la justice ils avaient combattu en Espagne, abandonnés par les gouvernements qui prônaient  la non intervention.Ce combat pour la liberté ils l’ont continué en France contre l’occupant nazi. A Francescas c’était ce 20 juin  2017 l’hommage rendu aux cinq républicains espagnols tombés sous les balles allemandes. Continuer la lecture de « LA LIBERTE POUR IDEAL ET POUR COMBAT »

La niña bonita à Aiguillon – 3 : un hôpital pour les Républicains espagnols

L'hôpital des Républicains espagnols

La Mémoire des Républicains espagnols à Aiguillon : l’hôpital dans les locaux de l’usine Berthy. 

Notre amie Marie Ange, professeur d’espagnol, lut le nom des cent Républicains espagnols hospitalisés en ces lieux semant la graine de la mémoire, ici en Lot et Garonne terre que tant d’exilés espagnols ont choisi comme lieu de vie.

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La niña bonita à Aiguillon – 2: un square pour la Mémoire

Devant le Square de la République espagnole

 

Du 6 au 14 avril, la République espagnole, la niña bonita,  a été mise à l’honneur à Aiguillon grâce à nos amis Marie Ange Gonzalez et Silvio Guingan avec le soutien de la municipalité : journées d’information, documentaires, exposition et en forme de consécration inauguration d’un square de la République espagnole en présence de Régine Poveda, députée du Lot-et-Garonne et de Jean François Sauvaud,  Maire de la commune. Retour sur ces événements qui marquent notre histoire et celle du département.

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La niña bonita à Aiguillon – 1 : au rendez-vous de la cité scolaire Stendhal

Dans le cadre de la semaine espagnole, organisée à Aiguillon du 10 au 16 avril, pour célébrer le 85ème anniversaire de la seconde République espagnole, les professeurs d’espagnol ont amené 150 élèves des classes de 3°, 2°5 et 1°L visiter l’exposition organisée par l’association MER 47 et assister à une rencontre avec un républicain espagnol.

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Oradour sur Glane : l’empreinte de la Mémoire de la barbarie nazie

L’empreinte de la Mémoire : retour sur un massacre programmé

Le 10 juin 1944, deux cents hommes de la division SS Das Reich encerclent le village d’Oradour sur Glane vers quatorze heures. A cette heure, il y a beaucoup de monde dans le village, car c’est jour de marché, et la population a doublé depuis le début de la guerre, notamment avec l’arrivée de Républicains espagnols et d’Alsaciens ayant fui leurs contrées.

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MER 47 à Limoges : l’empreinte de la République Espagnole.

Une trentaine de personnes se sont rendues  à Limoges, le samedi 19 et dimanche 20 mars 2016 pour évoquer l’empreinte laissée par la République espagnole dans l’enseignement et pendant la deuxième guerre mondiale dans le Limousin.

Nous avons été accueillis chaleureusement à l’Hôtel du département  par l’Association mémorielle Ateneo Republicano du Limousin, qui tenait un colloque sur l’enseignement de la République Espagnole. Ce fut un moment de partages et de joie, avec quelques repas conviviaux, les chansons de notre ami Luis Casares pour nous égayer.

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