La niña bonita à Aiguillon – 3 : un hôpital pour les Républicains espagnols

La Mémoire des Républicains espagnols à Aiguillon : l’hôpital dans les locaux de l’usine Berthy. 

Notre amie Marie Ange, professeur d’espagnol, lut le nom des cent Républicains espagnols hospitalisés en ces lieux semant la graine de la mémoire, ici en Lot et Garonne terre que tant d’exilés espagnols ont choisi comme lieu de vie.

Acte symbolique à l’endroit où  se trouvait l’ancienne usine BERTHY qui  confectionnait pendant la guerre 14-18 des chaussons, bas et fournitures militaires et devait accueillir avec la fin de la guerre d’Espagne et la retirada un hôpital temporaire auxiliaire.

Un hôpital d’une centaine de lits institué par arrêté préfectoral du 13 février 1939 pour accueillir des combattants républicains espagnols blessés au combat contre les putschistes franquistes et leurs alliés fascistes et nazis.

Cliquer ici pour prendre connaissance de l’ Arrêté préfectoral et liste des hospitalisés

La plaque fut dévoilée par Luis Casares doyen et Tomma Llamas, âgé de 5 ans et demi, arrière-petit-fils de républicain espagnol, une forme de transmission du témoin !

Un documentaire sur la mémoire et les luttes d’aujourd’hui : « Les Ombres de la Mémoire » 

Après l’inauguration, les luttes mémorielles actuelles dans une Espagne d’aujourd’hui qui n’a toujours pas rendu justice aux victimes des crimes franquistes étaient objets de réflexion et de débat autour du documentaire « Les ombres de la mémoire  ».

Ce documentaire, visionné en présence de Jean Ortiz l’un de ses réalisateurs, porte la voix des intellectuels, poètes, écrivains , historiens, syndicalistes , citoyens ordinaires attachés à la justice… condamnés par les franquistes , condamnés parce qu’intellectuels pour s’être opposés à la chape de plomb imposée par la dictature franquiste.

Un film qui rappelait  la nécessité pour ce régime de réprimer un peuple pour mieux le soumettre, empêcher le questionnement, la compréhension, par la terreur, l’humiliation.

Œuvre une fois de plus de Jean ORTIZ qui, depuis vingt ans, aux côtés de Dominique GAUTIER, caméra et stylo au poing, fouille, débusque, porte l’image et le texte dans les silences, fait revivre et revendique la mémoire des « Rouges ». « Rouges » comme « República », « Revolución »,  Utopies… Une pierre supplémentaire apportée à Aiguillon à cette mémoire républicaine.

Jean Ortiz anima le débat avec la vivacité et la pertinence  nécessaires pour nous enjoindre à continuer cette quête mémorielle. Cela est un combat dur, exigeant mais juste et digne face à une constitution espagnole qui verrouille le droit à la dignité des morts républicains et de leur famille, morts dont les corps anonymes sont dispersés dans les fosses communes auxquelles l’état refuse les moyens et les droits aux familles d’y accéder pleinement pour en faire dignement le deuil.

Et de rappeler, paraphrasant le poète Marcos Ana, qu’avant de tourner la page il faut l’avoir écrite et lue. 

La paëlla qui suivit, égayée de danses flamencas, permit  à ceux qui ne l’avaient pas vue de découvrir l’exposition réalisée par MER 47. Une exposition qui reproduit les témoignages d’exilés espagnols ayant résidé en Lot et Garonne pendant, après leur exil, témoignages sur  leur travail  dans ce département, leur engagement  politique, syndical et / ou dans la résistance.

 La soirée se clôturait sur la projection du film « Pain Noir ». réalisé par Agusti Villaronga en 2011.

Un film qui rassemble symboliquement tous les tenants et les aboutissants du franquisme : abus de pouvoir, droit de cuissage, exploitation des travailleurs, corruption, mensonges de la classe dominante pro-franquiste face à une famille pauvre et piégée par les codes de cette société. Pour survivre dans la dignité, les adultes de cette famille doivent feinter, quémander, éviter les maltraitances en tout genre du clergé, du notable, de l’instituteur lubrique enfin tous ceux qui sont du côté des dominants.

Cela se passe devant leurs enfants qui essaient de comprendre jusqu’à accepter le vol pur et simple du jeune héros par les notables en mal d’enfant, soi-disant pour son bien devant la famille aimante mais impuissante…

Marie Ange Gonzalez évoque les Républicains espagnols hospitalisés Le dévoilement de la plaque par Tomma et Luis Madame la Députée salue notre vétéran Luis Casarés Square de la République espagnole Square de la République espagnole Elsa Le Nouys et Jean Ortiz présentent le documentaire Le débat avec la salle Le public participe au débat Danses sévillanes et paella Danses sévillanes et paella La valeur n'attend point le nombre des années

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